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Guérir & bien Vieillir - Les dossiers
Grave menace sur les médecines alternatives

Chers amis,

Ici Eric Ménat.

Le Conseil National de l’Ordre des Médecins (CNOM) vient de publier un rapport sur « les Pratiques de Soins Non Conventionnels (PSNC) et leurs dérives. »

Dès la lecture du titre, on comprend l’orientation de ce travail et le procès exclusivement à charge que le CNOM a réalisé contre ces « soins non conventionnels ». Même le terme de « non-conventionnel » est par lui-même péjoratif et manipulatoire. 

Ainsi, l’acupuncture est une médecine parfaitement « conventionnelle » en Chine et l’homéopathie fait partie des thérapeutiques officiellement reconnues en Inde. On constate dès le départ que la réflexion du CNOM se veut purement franco-française et rejette par principe toutes les pratiques officielles d’autres pays.

Je me pose donc la question : faut-il aussi rejeter les études scientifiques faites dans les autres pays et se regarder uniquement le nombril en permanence ou bien vivons-nous dans un monde « pluriel » où nous gagnerions à nous enrichir de l’expérience d’autres pays ?

Le rapport du CNOM commence par des mots de bonne volonté. Les rapporteurs veulent lutter contre les dérives sectaires (terme mis à toutes les sauces ces dernières années au même titre que complotisme ou extrême droite, qui sont les trois insultes brandies quand on a aucun argument à opposer à une personne avec qui on est en désaccord), contre le charlatanisme (mais qui décide que telle pratique relève du charlatanisme ?), contre l’exercice illégal de la médecine et contre la perte de chance pour des malades en souffrance.

Qui pourrait être opposé à d’aussi nobles desseins ?

Mais pour les solutions proposées, c’est une autre paire de manches. Il faudrait des centaines de page pour détailler et expliquer les risques encourus par nos sociétés si les propositions du CNOM étaient mises en place par le législateur. Je vais donc simplement soulever celle qui me parait la plus caricaturale et parmi les plus dangereuses.

Page 41 : « Le CNOM a réitéré sa demande auprès du législateur de prendre une disposition dans le code de la santé publique réservant l’utilisation professionnelle pour les seules professions médicales du terme « médecine », auprès du public »

En réalité, j’ai toujours pensé qu’il n’existait qu’UNE SEULE MÉDECINE : celle qui soigne, qui soulage et parfois arrive à guérir et surtout qui aide le patient à mettre en place une prévention des maladies graves tout en lui permettant de devenir acteur de sa propre santé.

Pour l’Ordre, la médecine chinoise, la médecine ayurvédique pour ne prendre que ces deux exemples ancestraux ne devraient plus avoir le droit d’utiliser le terme de « médecine ».

Mais qui serions-nous pour leur interdire cela alors que ces approches thérapeutiques sont utilisées par des milliards de personnes sur terre ? Ne serait-ce pas les prémices d’une société totalitaire, celle où quelques personnes qui se pensent plus savantes remettent en question des pratiques millénaires ?

La seule médecine qui semble trouver grâce aux yeux du CNOM est la médecine chimique et soi-disant scientifique qui n’existe pourtant que depuis 50 ou 60 ans en réalité. Quelle est cette position pleine de présomption et de rejet de l’autre si ce n’est celle dénoncée par Orwell dans son roman et qui semble passer ici de l’anticipation à la réalité ?

Allons plus loin dans cette réflexion. Je suis médecin depuis plus de 30 ans. Et en 30 ans, la moitié des médicaments chimiques qui étaient la norme au début de mon exercice ont disparu, car reconnus comme inefficaces, voire dangereux. Combien de scandales sanitaires à cause de ces mêmes médicaments chimiques qui avaient reçu l’aval de ces mêmes scientifiques qui rejettent avec violence l’acupuncture ou l’homéopathie qui pourtant n’ont jamais tué la moindre personne. Inversement, combien de morts ou d’infirmes à cause du Distilbène, de la Thalidomide, du Médiator ou des opioïdes ?

Je suis tout à fait d’accord avec mes confrères du CNOM sur un point : les pratiques non-conventionnelles que je préfère appeler médecines « naturelles » ou « traditionnelles » ont besoin de balayer devant leur porte. Il y a des pseudo-thérapeutes qui font et disent n’importe quoi dans ce domaine.

Mais quelques brebis galeuses doivent-elles faire rejeter totalement et définitivement ces pratiques ? Faut-il jeter le bébé avec l’eau du bain ? Et surtout, que devrions-nous penser alors de l’allopathie et des allopathes qui sont à l’origine de bien plus de scandales sanitaires que les médecines traditionnelles. Personnellement je ne les rejette pas en bloc, car ces affaires sont dues à quelques personnes et on ne doit pas rejeter cette médecine « moderne » pour autant. Alors pourquoi veulent-ils rejeter les homéopathes et les acupuncteurs qui, pourtant, ont fait les mêmes études et ont le même diplôme qu’eux ?

Alors oui, les médecines traditionnelles doivent devenir plus rigoureuses et peut-être s’organiser pour éviter les dérives, mais l’allopathie n’a pas de leçons à leur donner, bien au contraire.

Et si le terme « médecine », devait être, un jour, réservé à la seule médecine chimique, ce serait une régression dramatique pour l’avenir de notre société et cela m’apporterait une grande inquiétude sur la façon dont seraient soignés nos enfants et nos petits-enfants.

Car tous les 10 ans, les protocoles qui sont la norme en médecine allopathique sont amenés à changer. Ce qui était vrai il y a peu est considéré comme une hérésie scientifique 10 ans plus tard. Certains vont dire que c’est la preuve que la science évolue et se remet en question. C’est vrai, mais à quel prix ? Et surtout, comment peut-on affirmer comme le suggère le CNOM que seules les thérapeutiques suffisamment éprouvées ont droit de citer ? Que veut dire « suffisamment éprouvées » quand 10 ans plus tard elles sont remises en question voire rejetées ?

Je ne leur jette pas la pierre. Les progrès sont faits d’essais, d’erreurs et de changements de paradigme. Mais si on peut accepter cela, comment peut-on accepter que ces mêmes médecines très « approximatives » puissent rejeter avec autant de violence des médecines ancestrales au point de leur refuser l’appellation de « médecine » ?

Car contrairement à l’allopathie, l’acupuncture existe depuis plus de 2000 ans et si les protocoles ont pu évoluer depuis en fonction des découvertes de la physiologie du corps humain, les méridiens, les points d’acupuncture sont les mêmes depuis 2000 ans.

De la même façon, les découvertes d’Hahnemann sur l’homéopathie sont toujours d’actualité plus de deux siècles plus tard. On pourrait apprendre l’homéopathie aujourd’hui en lisant « l’Organon », la « bible » écrite par ce génie qu’était Hahnemann. Et en même temps l’homéopathie se renouvelle et évolue en faisant naître des nouveaux remèdes à partir de molécules qui étaient inconnues lors de l’invention de l’homéopathie. Mais les bases restent les mêmes.

Les esprits chagrins vous diront que ces deux exemples suffisent à prouver que ce sont des méthodes d’un autre temps puisqu’elles n’ont pas évoluées alors que la science à fait d’énormes progrès depuis, et que nous avons compris la cause de nombreuses maladies ces dernières décennies.

Mais peut-être que tout le débat se trouve là. Est-ce que l’acupuncture qui soignait les malades il y a 1000 ans peut encore soigner ceux d’aujourd’hui avec la compréhension des maladies qui est la nôtre ? Comment les soins apportés aux malades par Hahnemann en 18è siècle pourraient être encore utiles au 21è siècle avec les progrès de la science ?

Et si ces approches ancestrales ne soignaient pas des maladies (inconnues à l’époque), mais des malades ? Et si toutes les « médecines » que dénonce et rejette le CNOM n’étaient pas destinées à soigner des maladies, mais à donner au corps, au patient, la possibilité de se « guérir » lui-même ?

Évidemment, c’est un concept peu acceptable pour le scientifique qui doit absolument pouvoir démontrer cela dans des éprouvettes ou sur l’animal. Oui, mais voilà, si une médecine, si un traitement dépend du patient et non de sa maladie, alors il est impossible de l’étudier sur la paillasse d’un laboratoire. Et pire, il est impossible d’en faire un business rentable.

Et si au lieu de se combattre, de se rejeter, toutes ces méthodes de soin unissaient leur savoir, leur expérience, afin de mieux soigner les maladies ET les malades ? Car je le répète, il n’existe qu’une seule médecine, celle qui soigne. Et peu importe le moyen d’y parvenir à partir du moment où chaque choix thérapeutique est fait dans l’intérêt exclusif du malade (et pas des actionnaires) et avec un principe de base trop souvent oublié : PRIMUM NON NOCERE.

A la lecture du rapport du CNOM, vous comprendrez que son but est d’influencer le législateur (donc les députés) afin d’inscrire ces propositions dans la loi. 

À quoi cela peut aboutir ? À la disparition totale de toutes les approches non conventionnelles en France. Les docteurs en médecine n’auront plus droit de les utiliser. Aucun médecin ne pourra vous prescrire de l’homéopathie ou des huiles essentielles ni vous faire de l’auriculothérapie par exemple. Seuls les non-médecins pourront éventuellement les pratiquer, mais avec tant de contraintes et de risques juridiques que ces pratiques disparaîtront définitivement.

Est-ce bien le système de santé que vous voulez pour vos enfants et vos petits-enfants ?

Si ça vous convient, alors rendormez-vous braves gens, exactement comme les habitants du pays imaginé par Georges Orwell. 

En revanche, si vous croyez encore à la liberté, je vous invite à signer cette pétition : https://www.sauver-la-medecine-naturelle.com/signature et surtout à contacter votre député pour lui faire part de votre désaccord avec ces positions.

Les médecins, les soignants, ne sont pas assez puissants ni assez nombreux pour les influencer. C’est aux patients, aux usagers de la santé, au peuple de se mobiliser pour décider quel avenir ils veulent pour leurs enfants.

C’est votre liberté et votre santé qui sont en jeu, n’en doutez pas.

Dr Eric Ménat

PS : Pour lire l'article de l'AIMSIB (Association Internationale pour une Médecine Scientifique Indépendante et Bienveillante) sur le rapport de l'ordre des médecins cliquez ici.

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